GoMind

ARTICLE

Les erreurs à éviter pour progresser dans une démarche Software Craftsmanship

Les erreurs à éviter pour progresser dans une démarche Software Craftsmanship

Pourquoi le Software Craftsmanship est essentiel

Le Software Craftsmanship est bien plus qu’une méthodologie de développement. Il s’agit d’une culture de l’excellence logicielle, qui place la qualité, la maintenabilité et la responsabilité numérique au cœur des pratiques. Pourtant, de nombreuses entreprises commettent encore des erreurs qui ralentissent leur progression.

D’après le rapport The Developer Coefficient de Stripe (via Dev.to) : les développeurs passent environ 17 heures par semaine à traiter de la dette technique et du « bad code », soit 42 % d’une semaine de travail de 40 heures. Ce chiffre illustre le danger de négliger les principes du Software Craftsmanship. En évitant certaines erreurs courantes, il est possible de gagner en efficacité et en crédibilité, tout en favorisant un numérique plus responsable.

Erreur n°1 : réduire le Software Craftsmanship à une simple méthode

Beaucoup réduisent le Software Craftsmanship à un ensemble de bonnes pratiques techniques. En réalité, c’est un engagement collectif. Les développeurs doivent s’impliquer dans la qualité, mais les managers, les CTO et même les responsables RSE ont aussi un rôle clé.

L’erreur fréquente est de vouloir l’appliquer uniquement à l’échelle individuelle. Par exemple, un développeur qui pratique le TDD (Test Driven Development) dans une équipe qui ne valorise pas les tests se heurtera à un mur.

La bonne approche consiste à embarquer toute l’organisation. Les tech leads peuvent définir des standards, les CTO doivent les diffuser et les DSI ont la mission d’inscrire cette démarche dans la stratégie globale.

Erreur n°2 : oublier l’Accessibilité Numérique

12 millions de Français concernés par le handicap

Le Software Craftsmanship ne concerne pas seulement le code “propre”, mais aussi le code utile et inclusif. Trop de projets oublient l’accessibilité numérique, alors que plus de 12 millions de personnes en France sont concernées par un handicap selon l’INSEE.

Un site inaccessible perd jusqu’à 20 % de son audience

Ignorer ces besoins revient à créer un logiciel partiellement inutilisable. C’est une erreur stratégique : un site non accessible peut perdre jusqu’à 20 % de son audience potentielle.

Intégrer l’accessibilité dès la conception (contrastes, navigation clavier, compatibilité lecteur d’écran) est donc indispensable. Cela illustre parfaitement l’esprit du Craftsmanship : livrer un produit durable, responsable et tourné vers les utilisateurs.

Erreur n°3 : sacrifier la qualité pour la vitesse

Dans de nombreux projets, la pression des délais conduit à sacrifier la qualité du code. On accepte des raccourcis en se disant “on reviendra plus tard”. En pratique, ce “plus tard” n’arrive jamais et la dette technique s’accumule.

D’après McKinsey : les directeurs informatiques (CIOs) estiment que la dette technique représente entre 20 et 40 % de la valeur de leur parc technologique, avant dépréciation. Autrement dit, ce choix nuit directement à la performance de l’entreprise.

La démarche Software Craftsmanship propose une alternative : investir dans la qualité pour aller plus vite sur le long terme. Des pratiques comme le refactoring continu, la revue de code et l’automatisation des tests permettent de concilier rythme et excellence.

Erreur n°4 : négliger la dimension humaine

Le Craftsmanship met en avant l’idée d’artisan développeur, mais aussi celle de communauté. L’erreur fréquente est de penser que la compétence technique seule suffit.

Un développeur isolé, même brillant, progresse moins vite qu’une équipe qui partage ses pratiques. Les communautés de pratique, le pair programming ou encore les revues croisées favorisent la transmission et limitent les erreurs.

Les CTO et responsables RH ont un rôle à jouer : créer un cadre qui valorise la collaboration. Sans cela, le Craftsmanship reste un idéal théorique, déconnecté de la réalité des équipes.

Erreur n°5 : ignorer la responsabilité numérique

Aujourd’hui, le Software Craftsmanship ne peut pas être séparé du Numérique Responsable. Un logiciel de qualité est aussi un logiciel sobre, conçu pour durer et limiter son empreinte environnementale.

Ignorer cette dimension est une erreur stratégique. Une étude scientifique peer-reviewed  évalue la contribution actuelle du secteur TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) entre 1,8 % et 2,8 % des émissions mondiales. En intégrant les chaînes de valeur complètes (scopes 1, 2 et 3), cette fourchette pourrait atteindre entre 2,1 % et 3,9 %.

Adopter une démarche Craftsmanship, c’est aussi penser à la performance énergétique, à l’éco-conception et à la durabilité des solutions. C’est un point de convergence idéal entre les équipes tech et les responsables RSE/QSE.

Réussir sa démarche Software Craftsmanship

Le Software Craftsmanship n’est pas un dogme, mais un chemin vers l’excellence. Les erreurs les plus fréquentes – réduire la démarche à une méthode, négliger l’accessibilité, sacrifier la qualité, oublier l’humain ou ignorer la responsabilité numérique – freinent la progression.

À l’inverse, les entreprises qui s’engagent pleinement dans cette approche gagnent en performance, en crédibilité et en attractivité. Elles répondent mieux aux attentes des utilisateurs, mais aussi à celles des talents tech qui cherchent du sens dans leur métier.

Progresser dans une démarche de Software Craftsmanship, c’est refuser les compromis faciles pour construire un numérique utile, responsable et durable. Les entreprises qui s’engagent sincèrement dans cette démarche gagnent en performance, crédibilité et attractivité. Elles construisent un numérique durable, utile et responsable, aligné avec les attentes des utilisateurs comme des talents tech.